Publié par : Laurent Dubois — Rédacteur en chef
Eliesse Ben Seghir est un milieu offensif capable de recevoir entre les lignes, d’éliminer et de finir une action des deux pieds. Révélé à l’AS Monaco, puis passé au Bayer Leverkusen, l’international marocain s’est construit autour de cette polyvalence. Son parcours éclaire un style de jeu qui ne se résume ni au poste d’ailier ni à une collection de gestes techniques.
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ToggleDu football varois à l’Academy de Monaco
Né en 2005 à Gassin, dans le Var, Eliesse Ben Seghir grandit dans un environnement franco-marocain. Son apprentissage commence au SC Cogolin, où il évolue de 2010 à 2016, avant de se poursuivre à Fréjus Saint-Raphaël entre 2016 et 2018, puis à l’AS Aix-en-Provence jusqu’en 2020. Ces étapes précèdent son entrée dans une structure professionnelle.

Le 25 juillet 2020, il rejoint l’Academy de l’AS Monaco. Le changement ne concerne pas seulement le niveau des adversaires : il faut apprendre à répéter les efforts, à jouer plus vite et à rendre sa technique utile dans un collectif. Son frère Salim, lui aussi footballeur, constitue un repère dans cet environnement familial tourné vers le ballon.
La saison 2021-2022 marque une étape : Monaco termine vice-champion de France U19 et Ben Seghir inscrit 13 buts, selon le bilan publié par l’AS Monaco. Cette production offensive montre déjà qu’il n’est pas uniquement un organisateur. Le 5 août 2022, il signe son premier contrat professionnel.
À Monaco, un doublé fondateur puis une progression contrariée
Ses premiers pas en équipe première ont lieu le 3 novembre 2022, en Ligue Europa contre l’Étoile rouge de Belgrade. Mais sa révélation auprès du grand public arrive le 28 décembre suivant. Pour ses débuts en Ligue 1, à Auxerre, il entre en jeu et inscrit deux buts. Réussir un doublé dès sa première apparition donne immédiatement une dimension particulière à son arrivée.
Cette soirée révèle sa variété de finition : il marque du pied gauche puis du pied droit, avec notamment une frappe à distance. La suite confirme que cette entrée remarquée n’est pas isolée. L’AS Monaco récapitule sa première campagne de Ligue 1 à 19 matchs, 4 buts et 1 passe décisive.
La saison 2023-2024 est moins linéaire. Des blessures aux ischio-jambiers et à la hanche freinent sa continuité ; le club recense 14 matchs disputés sur cet exercice. Ces interruptions comptent dans la lecture de son développement : un jeune créateur a besoin d’enchaîner pour ajuster ses prises de risque et retrouver ses sensations sous pression.
Son parcours prend ensuite une dimension européenne avec la Ligue des champions. Dans son bilan du passage monégasque, entre 2022 et 2025, l’AS Monaco comptabilise 85 matchs, 15 buts et 6 passes décisives, toutes compétitions confondues. Ces totaux ne doivent donc pas être comparés directement à ceux d’une seule saison de championnat.
Un style de jeu fondé sur les espaces, pas seulement sur l’élimination
Ben Seghir est un milieu offensif qui peut partir d’un côté, notamment à gauche, puis se rapprocher de l’axe. Son poste sur une composition ne suffit pas à décrire son rôle : sa zone d’influence se situe souvent dans le demi-espace, entre le couloir et le centre, là où un défenseur doit choisir entre sortir sur lui et protéger la profondeur.
Cette lecture des rôles prolonge les questions abordées dans notre dossier Stars actuelles du football : Mbappé, Lamine Yamal et nouvelle génération : pour comprendre un talent offensif, il faut regarder ce qu’il fait au jeu, pas seulement son total de buts.
Sa conduite de balle et ses changements de direction lui permettent de provoquer. Mais l’intérêt du dribble réside dans ce qu’il déclenche : attirer un adversaire, ouvrir une ligne de passe ou dégager un angle de frappe. Droitier, il peut aussi conclure du gauche, sans que cette aptitude fasse de lui un joueur parfaitement ambidextre.
Pour observer son influence, adoptez un regard de vigie : surveillez-le quelques secondes avant la réception. Se place-t-il hors du champ de vision du milieu adverse ? Son orientation lui permet-elle de repartir vers le but ? Ce déplacement préparatoire explique souvent davantage la réussite de l’action que le crochet final. Il révèle la différence entre recevoir le ballon et recevoir avec une solution déjà ouverte.
Neymar et Lionel Messi figurent parmi ses inspirations. Le rapprochement concerne le goût de l’élimination et de la création, pas une équivalence de niveau. Ses axes de progression restent concrets : choisir quand lâcher le ballon, prolonger ses déplacements après une passe et maintenir son implication lorsque son équipe défend.
Le Maroc et Leverkusen, deux cadres pour confirmer
Après avoir représenté la France dans les catégories de jeunes, Ben Seghir choisit le Maroc en mars 2024. Ce choix s’inscrit dans son histoire familiale et ses origines marocaines. Il rejoint ainsi les Lions de l’Atlas, sans que son statut de jeune talent lui garantisse une place de titulaire.
Il participe également à la conquête de la médaille de bronze olympique avec le Maroc. Cette expérience doit être distinguée de son parcours en sélection A : le tournoi olympique relève d’une équipe soumise à des règles d’âge spécifiques. Additionner indistinctement ces rencontres brouillerait son bilan international.
Son parcours en club se poursuit au Bayer Leverkusen, après son départ de Monaco. La rétrospective publiée par le club monégasque mentionne 14 apparitions avec la formation allemande à son point de publication ; ce chiffre constitue un bilan intermédiaire, pas un compteur en direct.
L’enjeu de cette nouvelle étape dépasse donc l’accumulation de matchs. Il s’agit de transformer sa créativité en influence régulière : offrir une solution entre les lignes, accélérer au bon moment et rester utile sans ballon. C’est sur cette continuité, autant que sur ses éclairs techniques, que se construira la suite de son parcours.
